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QUINZE MÉDITATIONS
SUR LA PASSION DE JÉSUS CHRIST
POUR QUINZE JOURS
À PARTIR DU SAMEDI DE LA PASSION
JUSQU'AU SAMEDI SAINT

1 - Samedi de la Passion : entrée triomphale de Jésus à Jérusalem
2 - Dimanche de la Passion : Jésus en prière au jardin des oliviers
3 - Lundi de la Passion : Jésus est pris et conduit devant Caïphe
4 - Mardi de la Passion : Jésus est conduit à Pilate puis à Hérode, on lui préfère Barrabas.
5 - Mercredi de la Passion : Jésus est flagellé
6 - Jeudi de la Passion : Jésus est couronné d'épines et traité comme un roi de théâtre.
7 - Vendredi de la Passion : Pilate montre Jésus au peuple : Ecce Homo
8 - Samedi de la Passion : Jésus est condamné par Pilate.
9 - Dimanche des Rameaux Jésus porte sa Croix au calvaire
10 - Lundi Saint : Jésus est cloué à la Croix.
11 - Mardi Saint : Jésus sur la Croix
12 - Mercredi Saint : Paroles de jésus sur la Croix.
13 - Jeudi Saint : Jésus meurt sur la Croix
14 - Vendredi Saint : Jésus mort sur la Croix.
15 - Samedi Saint : Marie sur le calvaire à la mort de Jésus.

 

 

1.SAMEDI DE LA PASSION :

ENTREE TRIOMPHALE DE JESUS A JERUSALEM

 

1. Le temps où notre Rédempteur devait souffrir pour nous était sur le point d'être révolu. Jésus quitta Béthanie et se dirigea vers Jérusalem. Arrivé près de la ville ingrate, il la regarda longuement, puis se mit à pleurer: « Quand il aperçut la cité, dit l'évangéliste saint Luc, il pleura sur elle » (Lc 19, 41). Pourquoi ces larmes du Fils de Dieu? Parce qu'il prévoyait le crime énorme donc ce peuple allait se rendre coupable en le faisant mourir, comme il prévoyait aussi la ruine totale de Jérusalem en punition de cet exécrable forfait.

Mon Jésus, quand vous pleuriez sur cette ville infortunée, vous pleuriez en même temps sur ma pauvre âme; car vous voyiez combien je l'avais ruinée moi-même par mes péchés, en vous contraignant de me condamner à l'enfer, vous qui êtes mort pour me sauver. Ah! Laissez-moi verser des larmes de sang sur mon péché si grave; je vous ai méprisé, vous, le souverain Bien! Ayez pitié de moi.

 
2. Jésus entre dans Jérusalem. Aussitôt le peuple court à sa rencontre, l'accueille avec des cris de joie, lui fait un cortège d'honneur. Les uns jonchent les rues de rameaux d'olivier, les autres étendent leurs vêtements partout où il doit passer. Qui eût dit alors que ce même Jésus, acclamé comme le Messie, triomphalement reçu par la foule innombrable, devait, après sa condamnation à mort, reparaître dans ces mêmes rues chargé d'une lourde croix?

Mon bien-aimé Jésus, ce peuple vous acclame maintenant en redisant mille fois: « Hosanna au fils de David! Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur! » (Mt 21, 9). Bientôt il élèvera la voix pour forcer insolemment Pilate à vous déclarer digne de mort, à vous faire mourir sur un gibet: « A mort! A mort! Vociféreront-ils, crucifiez-le, crucifiez-le! » (Jn 19, 15). Oui, soyez à jamais béni, ô Sauveur du monde, d'avoir daigné venir ici-bas; sans vous, nous étions tous perdus! Ô mon Sauveur, sauvez-moi.


3. Le soir venu, qui donc eut l'insigne honneur de lui donner l'hospitalité? Dans tout ce peuple qui, le matin, avait fait à Jésus une si grandiose ovation, personne ne se trouva pour venir seulement la lui offrir. Force fut donc au Sauveur de retourner passer la nuit à Béthanie.

Mon bien-aimé Sauveur, que les autres refusent de vous recevoir! Moi, je suis fermement résolu de vous offrir mon pauvre coeur. Il fut un temps où je vous avais malheureusement banni de mon âme; mais actuellement, je préfère votre entrée et votre séjour dans mon coeur à la possession de tous les trésors de la terre. Je vous aime, ô mon Sauveur bien-aimé! Qui pourra jamais me séparer de votre amour? Le péché, le péché seul. À vous de m'en préserver par votre grâce, ô mon Jésus.

Ô Marie, ma Mère, que votre intercession me prémunisse contre le péché.

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2.DIMANCHE DE LA PASSION

JÉSUS EN PRIÈRE DANS LE JARDIN DES OLIVIERS

1. Le soir du Jeudi saint, Notre Seigneur avait lavé les pieds à ses disciples; il avait institué la sainte Eucharistie pour se laisser à nous tout entier. L'heure de sa Passion approchait; il la connaissait, comme il connaissait aussi l'endroit où ses ennemis devaient se saisir de lui: le Jardin des Oliviers. Il s'y rendit. À peine arrivé, il se met en prière; « mais voici qu'une grande crainte, un grand dégoût, une grande tristesse fondent sur lui », comme le rapportent saint Marc et saint Matthieu (Mt 14, 33 ; Mt 26, 37).
C'est la crainte, une grande crainte, qui fond d'abord sur lui. Quelle en est la cause? La mort terrible qui l'attend sur le calvaire, avec toutes les angoisses et toutes les désolations qui doivent l'accompagner. Au cours de sa Passion, les fouets, les épines, les clous et autres instruments de supplice le tourmenteront l'un après l'autre; ici, tous se précipitent à la fois devant son imagination pour le tourmenter tous ensemble.

Assurément, par amour pour nous, il accepte tout; mais son acceptation parfaite ne l'empêche ni de trembler, ni d'endurer une vraie agonie. Mais n'oublions pas de remarquer avec saint Luc que « réduit à l'agonie, il priait plus instamment » (Lc 22, 44).


2. Un second sentiment l'envahit au Jardin des Oliviers: c'est un profond dégoût pour toutes les souffrances de sa Passion, dégoût tellement amer qu'il prie son Père de les lui épargner: « Mon Père, s'il est possible, que ce calice passe loin de moi » (Mt 26, 39). Pourquoi le divin Maître prie-t-il ainsi? Pour nous apprendre que, dans toutes nos peines, nous pouvons supplier Dieu de nous en délivrer; mais que nous devons, en même temps, nous abandonner à sa Volonté, selon l'exemple que lui-même nous donne: « Cependant qu'il en soit, non pas comme je veux, mais comme vous voulez » (Mt 26, 39).

Oui, ô mon Jésus, que votre Volonté se fasse, et non pas la mienne. J'embrasse toutes les croix qu'il vous plaira de m'envoyer. Vous, l'Innocence même, vous avez tant souffert par amour pour moi; moi, pécheur digne de l'enfer, ne suis-je pas obligé d'accepter de votre main et de supporter par amour pour vous toutes les souffrances?


3. Enfin, Notre Seigneur fut en proie à la plus grande tristesse, une tristesse capable de le faire mourir. Il serait mort, en effet, si lui-même n'avait arrêté la mort, afin de souffrir davantage et d'expirer sur la croix: « Mon âme est triste jusqu'à en mourir » (Mc 14, 34), disait-il à ses disciples. Quelle fut la cause de cette mortelle tristesse? La vue de la monstrueuse ingratitude avec laquelle les hommes, au lieu de correspondre à son immense amour, n'hésiteront pas à commettre d'innombrables et énormes péchés. Alors, dit saint Luc, « sa sueur devint comme des gouttes de sang découlant jusqu'à terre » (Lc 22, 44).

Hélas! Ô mon Jésus, vos bourreaux les plus cruels ne furent pas ceux qui vous flagellèrent, ou bien enfoncèrent les épines dans votre tête sacrée, les clous dans vos mains adorables; au jardin de Getsémani, vos plus cruels bourreaux furent mes péchés. Faites-moi part, je vous en supplie, de la douleur et de la haine que vous en ressentîtes alors, afin que jusqu'à la mort je pleure amèrement tous les déplaisirs que je vous ai causés. Je vous aime, ô mon Jésus; daignez accueillir un pécheur qui veut sincèrement vous aimer.

Ô Marie, recommandez-moi à votre divin Fils broyé par l'affliction, pour mon amour!

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3.LUNDI DE LA PASSION

JÉSUS EST PRIS ET CONDUIT DEVANT CAÏPHE

 
 
1. Notre Seigneur sait que les Juifs envoyés pour le prendre sont tout proches. Il sort de son oraison et marche à leur rencontre. Sans leur opposer la moindre résistance, il se laisse saisir et lier: « Ils s'emparèrent de Jésus et le lièrent » (Jn 18, 12).

Ô spectacle stupéfiant! Un Dieu garrotté par ses créatures, comme un vil malfaiteur!

Regarde, ô mon âme, ce que font ces valets; les uns lui tiennent les mains, les autres le lient, pendant que leurs compagnons le frappent à coups redoublés; puis, ô mon âme, tourne les yeux sur l'innocent Agneau qui se livre aux liens, aux coups, sans même ouvrir la bouche:

« Il s'offre, parce qu'il le veut,
« Il n'ouvre pas la bouche,
« Semblable à l'agneau qu'on mène à la tuerie,
« Et à la brebis muette devant ceux qui la tondent »
(Es 53, 7).

Il ne profère ni parole ni plainte; car c'est lui-même qui s'est offert à mourir pour nous; tel qu'une brebis, il n'oppose aucune résistance à ceux qui le lient et vont le conduire à la mort.


2. Chargé de liens, Jésus entre dans Jérusalem. Éveillés en sursaut par le tumulte de la troupe qui passe, les habitants courent aux fenêtres et demandent le nom du malfaiteur que la police vient d'arrêter. « C'est Jésus de Nazareth,  répondent des voix;  il a été reconnu pour un imposteur et un séducteur. »

On le conduit devant Caïphe, qui se réjouit fort de cette capture, s'empresse de l'interroger sur ses disciples et sur sa doctrine. « J'ai toujours enseigné publiquement, lui fait remarquer Notre Seigneur; ... je n'ai rien dit en secret. » Puis, désignant du regard les Juifs, ses auditeurs, qui l'entouraient: « Demandez-leur ce que j'ai dit: eux savent ce que j'ai enseigné. » À ces mots, un des valets lui donne un soufflet en s'écriant: « Est-ce ainsi que tu réponds au grand prêtre? » (Jn 18, 20-22). Ô ciel! Une réponse si humble et si douce méritait-elle pareil affront?

Ah! Mon Jésus, vous endurez tout cela pour expier mes outrages à votre divin Père!


3. Caïphe l'adjure ensuite, au nom de Dieu vivant, de dire s'il est vraiment le Fils de Dieu.  « Oui, je le suis », répond Jésus. Cette déclaration à peine entendue, le grand prêtre, au lieu de se jeter à genoux pour adorer son Dieu, déchire ses vêtements et dit aux prêtres: « Qu'avons-nous encore besoin de témoins? Vous venez d'entendre son blasphème: que vous en semble? » Tous de s'écrier d'une voix: « Il mérite la mort » (Mt 26, 65-66).

Dès lors, commencent les outrages et les tourments décrits par les évangélistes: les crachats, les soufflets, les coups de poings pleuvent sur Jésus; on lui met un bandeau sur les yeux, on lui dit en le frappant: « Devine, ô Christ, qui t'a frappé » (Mt 26, 68). « Ils se mirent, rapportent saint Marc et saint Matthieu, à lui cracher au visage, à lui donner des coups de poing, à lui poser un voile sur le visage, et ils lui disaient: Devine qui t'a frappé. Les valets eux-mêmes le souffletaient » (Mt 14, 65).

Vous voilà donc devenu, ô mon Jésus, durant toute cette nuit, le jouet de cette vile populace! Hélas! Comment les hommes peuvent-ils,  sans brûler d'amour pour vous,  vous voir accablé de tant d'humiliations par amour pour eux? Moi-même, comment ai-je pu, dans la pleine connaissance de ce que vous avez souffert pour moi, vous offenser si gravement par mes nombreux péchés? Pardonnez-moi, ô mon amour: je ne veux plus jamais vous contrister. Je vous aime, ô mon souverain Bien; je me repens souverainement de vous avoir méprisé.

Ô Marie, ma Mère, priez votre divin Fils maltraité pour mon amour, priez-le de me pardonner.

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4.MARDI DE LA PASSION

JÉSUS EST CONDUIT À PILATE, PUIS À HÉRODE:
ON LUI PRÉFÈRE BARABBAS

1. La nuit écoulée, on amène de bonne heure Jésus à Pilate, pour le faire condamner à mort. Le gouverneur romain est vite convaincu de l'innocence de Jésus; aussi ne craint-il pas de dire aux Juifs: « Je ne vois aucune raison de condamner cet homme » (Lc 23, 14). Mais, les Juifs s'obstinent à réclamer une sentence de mort. Que fait alors Pilate? Il décide de s'en remettre au jugement d'Hérode. Celui-ci n'a qu'un désir: voir opérer l'un de ces prodiges dont il a si souvent entendu parler. Il interroge le divin Accusé, il multiplie les questions. En vain; Jésus ne daigne pas lui répondre une seule fois. Infortunée l'âme à laquelle Dieu ne parle plus!

Mon bien-aimé Rédempteur, combien de fois n'ai-je pas mérité ce terrible châtiment, par mes innombrables résistances à vos miséricordieux appels! Oui, trop souvent, j'ai mérité votre silence définitif et votre abandon irrémédiable! Mais, ô mon Jésus, vous ne m'avez pas encore délaissé; daignez donc me parler. « Parlez, Seigneur; car votre serviteur écoute » (1 S 3, 10). Dites-moi ce que vous voulez de moi: pour vous faire plaisir je suis prêt à tout entreprendre.


2. Profondément déçu par le silence de Jésus, Hérode s'irrite et le chasse de son palais, mais seulement après l'avoir, lui et ses courtisans, accablé de moqueries; même, pour marquer davantage son mépris, il l'avait fait revêtir de l'habit blanc des fous. C'est dans cet accoutrement qu'il le renvoie à Pilate: « Après l'avoir revêtu d'une robe éclatante, il le renvoya à Pilate » (Lc 23, 11). Ainsi le Fils de Dieu parcourt-il les rues de Jérusalem, portant par-dessus ses vêtements le costume des insensés.

Ô mon Sauveur méprisé, il ne vous manquait plus,  après avoir reçu tant d'insultes  que l'humiliation d'être traité comme un insensé! Si le monde traite ainsi la Sagesse éternelle, ne faut-il pas proclamer bienheureuse l'âme qui n'a cure des applaudissements du monde et ne veut connaître que Jésus crucifié, en aimant les souffrances et les mépris? « Non, dit-elle avec l'Apôtre, je n'ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ et Jésus Christ crucifié » (1 Co 2, 2).


3. Le peuple juif avait le droit de demander au Gouverneur romain, chaque année, à la fête de Pâques, la délivrance d'un condamné. Pilate donne au peuple le choix entre Barabbas et Jésus: « Qui voulez-vous que je vous relâche: Barabbas ou Jésus? » (Mt 27, 17). Barabbas, qui est-il? Un scélérat, un meurtrier, un voleur, haï de tout le monde; Jésus est parfaitement innocent. Mais les Juifs de vociférer: « Vive Barabbas! Mort à Jésus! »

Ah! Mon Jésus, tel est le langage que j'ai tenu moi-même chaque fois que j'ai décidé de vous offenser pour me satisfaire moi-même. Alors j'ai donné délibérément la préférence à mon amour propre, et, pour ne pas lui refuser la pâture qu'il réclamait, j'ai eu la hardiesse de vous perdre, Vous, le Bien infini. Maintenant, je vous aime plus que tous les biens, plus que ma vie. Ayez pitié de moi, ô Dieu de miséricorde.

Ô Marie, soyez mon Avocate auprès de Jésus.

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5. MERCREDI DE LA PASSION

JÉSUS EST FLAGELLÉ

1. « Alors Pilate prit Jésus et le fit flageller » (Jn 19, 1).

Eh quoi! Tu viens de proclamer son innocence, et maintenant, ô juge inique, tu le condamnes à subir une peine si cruelle, si ignominieuse?

Vois, ô mon âme, avec quelle promptitude les bourreaux, l'ordre injuste à peine donné, se jettent sur le divin Agneau. Ils l'entraînent dans le prétoire et l'attachent avec des cordes à la colonne.

Ô bienheureuses cordes qui liez les mains de mon doux Rédempteur à cette colonne, liez mon misérable coeur à son divin Coeur, afin que, désormais, mon unique souci soit de chercher et de vouloir ce qu'il veut.

2. Les bourreaux tiennent en mains leurs fouets. Au signal donné, ils commencent à frapper; sous leurs coups redoublés, la chair virginale de Jésus Christ devient bientôt toute livide, puis le Sang jaillit de tous les membres. Non seulement les instruments de supplice sont teints de ce Sang adorable, mais les mains des bourreaux; la terre elle-même en est toute baignée.
Ô ciel! Telle est la violence avec laquelle ces barbares frappent leur victime, qu'on voit voler en l'air, avec le Sang divin, des lambeaux de cette chair immaculée! Des pieds à la tête, Jésus n'est plus qu'une plaie ruisselante de Sang; ces barbares vont-ils déposer leurs fouets? Non, ils ne cessent d'ajouter blessures à blessures, douleurs à douleurs.
Flagrum romain

Pendant ce temps, que fait Jésus? Il ne parle pas, il ne se plaint pas, il endure avec une patience inaltérable cet horrible tourment, afin d'apaiser la Justice divine irritée contre nous: « Comme un agneau muet devant celui qui le tond, avait dit le prophète, il n'a pas ouvert la bouche » (Es 53, 7).

Hâte-toi, ô mon âme, hâte-toi d'aller te laver dans ce sang divin.

Quand je vous vois, ô mon bien-aimé Seigneur, meurtri dans tous vos membres par amour pour moi, je ne puis douter de votre amour, de votre immense amour. Chacune de vos plaies n'en est-elle pas une preuve évidente? Et votre immense amour n'a-t-il pas droit, à juste titre, à tout le mien? Et puisque vous me donnez tout votre Sang, sans vous en réserver une seule goutte, ne dois-je pas vous donner en retour mon coeur tout entier et sans réserve? Daignez l'accepter, et faites qu'il vous soit à jamais fidèle.


3. Ô ciel! Quand Jésus Christ, par amour pour moi, n'aurait enduré qu'un seul coup de fouet, je devrais brûler d'amour pour lui, dans cette pensée: « Un Dieu consentit à se laisser battre pour moi! » Mais il ne se contenta pas de recevoir un seul coup de fouet; il voulut, en expiation de mes péchés, être frappé jusqu'à ce que toutes ses chairs fussent broyées, comme l'avait annoncé le prophète: « Il a été broyé à cause de nos iniquités » (Es 53, 5), broyé au point d'avoir, par le nombre de ses blessures, l'aspect d'un lépreux couvert de plaies des pieds à la tête: « Nous l'avons regardé comme un lépreux » (Es 53, 4).

Recueille-toi donc, ô mon âme, réfléchis que, durant toute sa flagellation, Jésus pensait à toi, et qu'il l'offrait à Dieu le Père son cruel supplice pour t'arracher aux peines éternelles de l'enfer. Ô Dieu de charité, comment ai-je pu, par le passé, vivre si longtemps sans vous aimer? Ô plaies de Jésus, blessez-moi d'amour pour un Dieu qui m'a tant aimé.

Ô Marie, ma Mère, je vous en supplie, obtenez qu'enfin j'aime Jésus.

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6.JEUDI DE LA PASSION

JÉSUS EST COURONNÉ D'ÉPINES
ET TRAITÉ COMME UN ROI DE THÉÂTRE

 
 
1. De la salle où Jésus avait été flagellé, les soldats passèrent dans celle du Tribunal. Une seconde fois, ils dépouillent Jésus de ses vêtements; pour attirer sur lui les moqueries de la foule, et le traiter en roi de théâtre, que font-ils? En guise de pourpre royale, ils lui jettent sur les épaules un vieux manteau de couleur rouge; pour sceptre, ils lui mettent à la main un roseau; pour couronne, ils disposent à la façon d'un casque autour de sa tête sacrée un faisceau d'épines. « L'ayant dépouillé, ils jetèrent sur lui un manteau d'écarlate. Ils tressèrent une couronne d'épines, qu'ils posèrent sur sa tête, et lui mirent un roseau dans la main droite » (Mt 27, 28-29). De toute la force de leurs mains, ils pressent les épines; mais la pointe ne s'enfonce pas aussi profondément qu'ils le voudraient: ils saisirent le roseau et s'en servent comme d'un marteau pour faire pénétrer plus avant les terribles épines. « Tout en lui crachant au visage, disent encore les évangélistes, ils prenaient le roseau et frappaient à coups redoublés la tête de Jésus » (Mt 27, 30).

C'est donc ainsi, ingrates épines, que vous avez l'audace de transpercer votre Créateur! Mais de quelles épines s'agit-il? Ah! Il s'agit d'autres épines mille fois plus cruelles que celles de la couronne! C'est vous, ô mes mauvaises pensées, ô mes pensées criminelles, qui transperçâtes la tête de mon Rédempteur!

Mon Jésus, je hais et je déteste plus que la mort ces pensées perverses si souvent consenties, hélas!  pensées qui vous ont tant contristé, tant torturé, vous, ô mon Dieu, la Bonté même! Vous me faites connaître l'infinité de votre amour: je ne veux plus aimer que vous seul, ô mon Jésus!


2. Ô Dieu! Quel spectacle! De la tête transpercée de Jésus le sang coule en abondance sur son beau visage et sur sa poitrine, et vous, mon bien-aimé Sauveur, vous ne laissez pas même échapper une plainte contre tant d'injustes cruautés! Vous êtes en toute vérité le Roi du ciel et de la terre; mais maintenant vous êtes réduit, ô mon Jésus, à jouer le rôle de roi de mépris et de douleur, devenu la fable de tout Jérusalem. Vous vous êtes fait un devoir de réaliser la prophétie de Jérémie:

« Il présentera sa joue à celui qui le frappe,
« Il sera rassasié d'opprobres » (Lm 3, 30).

Ô Jésus, mon Amour, autrefois je vous ai méprisé: maintenant je vous préfère à tout, je vous aime de tout mon coeur, et je désire mourir pour votre amour.


3. Ô mon Jésus, ils sont vraiment insatiables de tourments et de moqueries, ces hommes pour qui vous souffrez! Car, après vous avoir déjà tant torturé, après vous avoir habillé comme un roi de théâtre, ils viennent se prosterner devant vous, et, d'un ton railleur, vous dire: « Salut, roi des Juifs! » Ensuite, avec de grands éclats de rire et des paroles outrageantes, ils vous donnent des soufflets qui redoublent les lancinantes douleurs de la tête déjà transpercée par les épines: « Fléchissant le genou devant lui, ils lui disaient par dérision: Salut, roi des Juifs! Ils lui donnaient aussi des soufflets » (Mt 27, 29).

Toi, du moins, ô mon âme, va reconnaître Jésus pour ce qu'il est, pour le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Tu le vois maintenant devenu roi de douleur par amour pour toi: hâte-toi de le remercier et de l'aimer.

Je vous en supplie, ô mon Jésus, oubliez toutes les amertumes dont je vous ai abreuvé. Car, enfin, je vous aime plus que moi-même. Vous seul méritez tout mon amour: c'est donc vous seul que je veux aimer. Je redoute ma faiblesse: mais j'attends de vous la force d'être fidèle.

Cette même force, ô Marie, je l'attends de vos prières.

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7.VENDREDI DE LA PASSION

PILATE MONTRE JÉSUS AU PEUPLE:

ECCE HOMO!

 
 
1. Jésus est ramené devant Pilate. À la vue de l'accusé déchiré par les fouets, défiguré par les épines, le gouverneur romain ne doute pas qu'il ne suffise de le montrer au peuple pour exciter sa compassion. Il monte donc avec Jésus à la galerie extérieure de son palais; il le présente aux Juifs par ce seul mot: « Voici l'Homme: Ecce Homo! » (Jn 19, 5). Comme s'il eût dit: « Allons! Contentez-vous des souffrances endurées jusqu'ici par cette innocente victime. Son état est si lamentable qu'il ne peut vivre longtemps. Combien de jours lui reste-t-il à passer parmi vous? Donnez-lui donc la liberté! »

Ô mon âme, vois ton Sauveur debout dans cette galerie; il est chargé de liens, à demi vêtu; son principal vêtement? Ce sont ses plaies et son Sang! Ah! Réfléchis longuement que ton divin Pasteur s'est réduit à ce douloureux état, pour te sauver, toi, sa brebis perdue!


2. Pilate n'était pas le seul à présenter Jésus et à dire: « Voici l'Homme: Ecce Homo! » En même temps, du haut du ciel, Dieu le Père nous présentait son Fils, nous invitait à le regarder tout ensanglanté, par le même mot: « Voici l'Homme: Ecce Homo! » C'est-à-dire: « Ô hommes de tous les siècles, Celui que vous avez sous les yeux, couvert de plaies, chargé de mépris, c'est mon Fils bien-aimé. S'il souffre tant, c'est pour expier vos péchés. Ah! Regardez-le bien, rendez-lui amour pour amour! »

Oui, mon Dieu et mon Père, je regarde votre Fils, je lui rends mille actions de grâces; je l'aime, et j'espère l'aimer à jamais! Mais, je vous en conjure, vous-même regardez-le; par amour pour lui, ayez pitié de moi, pardonnez-moi; donnez-moi la grâce de n'aimer désormais que vous seul.


3. Quelle réponse font les Juifs à Pilate qui leur montre ce roi de douleur? Ils vocifèrent tous à la fois: « Crucifie-le! Crucifie-le! » Voyant que Pilate cherche un moyen de le libérer, ils s'efforcent de l'épouvanter par cette menace: « Si tu renvoies cet homme, tu n'es pas l'ami de César. » Toutefois, le gouverneur résiste encore et riposte: « Crucifierai-je votre roi? » Mais eux de répliquer aussitôt: « Nous n'avons d'autre roi que César » (Jn 19, 5-15).

Ah! Mon Jésus adoré, ces malheureux refusent de vous reconnaître pour leur roi; ils vous disent en face qu'ils n'en veulent pas d'autre au César. Moi, je vous proclame mon Roi et mon Dieu; c'est vous seul que je choisis pour le Roi de mon coeur, je m'en fais gloire; oui, vous seul, ô mon Amour et mon unique Bien! Misérable que je fus! Il y eut un temps où, révolté contre vous, je m'obstinais à ne pas vous servir; maintenant le seul Roi de ma volonté, c'est vous. C'est ma décision irrévocable. Vous-même, faites que je m'y tienne et obéisse à jamais à tous vos ordres. Ô Volonté de mon Dieu, vous êtes mon Amour!

Ô Marie, priez pour moi; jamais vous ne priez en vain.

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8.SAMEDI DE LA PASSION

JÉSUS EST CONDAMNÉ PAR PILATE

 
 
1. Plusieurs fois Pilate à proclamé l'innocence de Jésus. Il l'a crié bien haut une fois encore, quand, pour éloigner la responsabilité de la mort de l'accusé, il déclare formellement: « Je suis innocent du sang de ce juste » (Mt 27, 24). Mais, excédé par les Juifs, il prononce la sentence définitive, la condamnation à mort.

Nous voilà donc en face d'un spectacle inouï, en face d'une injustice telle que le monde n'en vit jamais: le juge condamne l'accusé qu'il vient de déclarer innocent!

Ô mon Jésus, cette sentence de condamnation, ce n'est pas sur vous, mais sur moi qu'elle devait tomber; moi seul, je la méritais. Mais, puisque vous daignez satisfaire pour moi, je lève les yeux et bien au-dessus de Pilate je vois votre Père lui-même vous condamner à prendre sur vous l'expiation de mes fautes. Je vous aime, ô Père éternel, qui condamnez votre Fils innocent, afin de me libérer, moi, le vrai coupable. Je vous aime, ô Fils éternel du Père, qui voulez bien subir la mort si rigoureusement méritée par moi.


2. La sentence de mort est prononcée, Pilate livre Jésus aux Juifs, aux inspirations perverses de leur coeur haineux: « Il abandonna Jésus à leur volonté » (Lc 23, 25), dit saint Luc.

Il n'en va jamais autrement, quand on condamne un innocent: par cela même que le juge lâche ne détermine pas la peine, la victime se trouve à la merci de ses ennemis. Ceux-ci fixent les tortures et le genre de mort au gré de leur fureur.

Juifs infortunés, vous avez appelé vous-même sur vos têtes le châtiment divin, quand vous avez crié d'une seule voix: « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants! » (Mt 27, 25). Le châtiment est venu: déjà vous portez, misérables! Et vous porterez jusqu'à la fin du monde le poids de ce sang innocent changé pour vous en malédiction!

Mon Jésus, ayez pitié de moi; car moi aussi, hélas! Je fus par mes péchés la cause de votre mort. Mais je ne veux pas m'obstiner comme les Juifs; je suis fermement résolu de pleurer toutes mes offenses, puis de vous aimer toujours, toujours, toujours, toujours!


3. On donne lecture à Jésus de l'injuste sentence qui le condamne à mort. Il l'écoute, et, pleinement soumis à la Volonté de son Père, il l'accepte avec une profonde humilité: « Il s'est abaissé lui-même, dit saint Paul, se faisant obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix » (Ph 2, 8).

« Que Jésus meure! » dit Pilate. « Que Jésus meure! » dit également Dieu, le Père, du haut du ciel. Et moi, dit aussitôt le Fils de Dieu, j'accepte, dans l'intention d'obéir parfaitement, j'accepte la mort, et la mort de la croix. »

Mon Rédempteur bien-aimé, cette mort que vous acceptez, c'est à moi qu'elle est due. Que votre miséricorde soit à jamais louée! Dès maintenant, je vous rends mille actions de grâces. Vous, l'Innocence même, vous n'avez pas reculé pour mon amour devant la mort de la croix; à mon tour, pour votre amour, moi, pauvre pécheur, j'accepte dès aujourd'hui la mort que vous me destinez, avec toutes les peines qui l'accompagneront; je l'unis à la vôtre et l'offre au Père éternel. Vous êtes mort par amour pour moi, je veux mourir par amour pour vous, je vous en supplie: au nom des mérites de votre sainte mort, faites que je meure dans votre grâce et dans la ferveur de votre amour.

Ô Marie, mon Espérance, souvenez-vous de moi.

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9.DIMANCHE DES RAMEAUX

JÉSUS PORTE SA CROIX AU CALVAIRE

 
 
1. Aussitôt après la proclamation de la sentence de mort, les soldats saisissent Jésus; pour la seconde fois, ils lui arrachent violemment son lambeau de pourpre; ils le revêtent de ses propres habits, afin de le conduire au Calvaire, où sont habituellement exécutés les malfaiteurs. « Ils lui ôtèrent la chlamyde, dit saint Matthieu, lui remirent ses vêtements et l'emmenèrent pour le crucifier » (Mt 27, 31). Ils prennent ensuite deux pièces de bois brut, en font à la hâte une croix, la jettent sur les épaules de Notre Seigneur et lui commandent de la porter jusqu'au lieu du supplice. Quelle barbarie! Faire porter au condamné le gibet sur lequel il doit mourir!

Ô mon Jésus, tout cela vous échoit en partage, parce que vous avez pris sur vous l'expiation de mes péchés.


2. Jésus ne repousse pas la croix; il l'embrasse, au contraire, avec amour: n'est-elle pas l'autel sur lequel il va sacrifier sa vie pour le salut des hommes? « Jésus, portant sa croix, arriva hors de la ville au lieu nommé Calvaire » (Jn 19, 17).

Regardez les condamnés sortir du palais de Pilate: au milieu d'eux s'avance Jésus, chargé de l'instrument de son supplice. Ô spectacle qui frappe de stupeur le ciel et la nature: le Fils de Dieu marcher à la mort pour ces mêmes hommes qui le font mourir! Ne l'avait-il pas lui-même annoncé par son prophète:

« Moi, j'étais comme un agneau familier,
« Qu'on mène à la boucherie? » (Jr 11, 19).

Sur la route du Calvaire, l'état de Jésus était si lamentable que les femmes ne pouvaient le regarder sans fondre en larmes: « Elles pleuraient, dit saint Luc, et gémissaient sur lui » (Lc 23, 27).

Mon bien-aimé Rédempteur, par les mérites de votre douloureux voyage, donnez-moi la force de porter ma croix, avec patience. Toutes les douleurs, tous les mépris que vous me destinez, je les accepte volontiers; ne les avez-vous pas rendus dignes d'amour et remplis de douceur en les embrassant le premier pour notre salut? Donnez-moi la force de les supporter sans trouble, dans une paix parfaite.


3. Regarde passer, ô mon âme, ton Sauveur condamné comme un malfaiteur; vois comme il s'avance, le sang ruisselant de ses plaies ouvertes,  la tête couronnée d'épines,  la croix sur les épaules. Hélas! À chaque mouvement qu'il fait se renouvelle la douleur de chacune de ses blessures. La croix n'attend pas le crucifiement pour le tourmenter: dès maintenant, elle meurtrit ses épaules déchirées déjà par les fouets de la flagellation; à la façon d'un manteau, elle enfonce plus avant les épines de la couronne. Ô ciel! À chaque pas, quelles tortures! Mais n'omettons pas de considérer avec quels sentiments d'amour Jésus fait ce voyage qui le mène au Calvaire, c'est-à-dire à la mort avide de voir arriver sa proie.

Ah! Mon Jésus, vous allez mourir pour nous! Par le passé, je vous ai souvent tourné le dos, je voudrais en expirer de regret! À l'avenir, je n'aurai plus jamais le triste courage de vous abandonner; c'est ma ferme résolution, ô mon Rédempteur, mon Dieu, mon Amour, mon Tout!

Ô Marie, ma Mère, obtenez-moi la force de porter en paix ma croix de chaque jour.

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10.LUNDI SAINT

JÉSUS EST CLOUÉ À LA CROIX

 
 
1. Tout épuisé de souffrances et de fatigues, le Rédempteur atteint le sommet du Calvaire. Les bourreaux saisissent ses vêtements collés aux plaies récentes, les arrachent violemment, puis jettent Jésus sur la croix. Jésus étend ses mains sacrées; au même instant il offre sa vie au Père éternel, et le prie d'agréer cet holocauste pour le salut des hommes.

Les bourreaux, pleins de rage, prennent les clous et les marteaux; les pieds et les mains sont percés, Jésus est attaché à la croix.

Ô mains sacrées, qui, par votre seul contact, avez guéri tant de malades, pourquoi vous cloue-t-on à cette croix? Ô pieds adorables, qui vous êtes tant fatigués à la recherche des brebis perdues, pourquoi vous transperce-t-on si cruellement?

Dans le corps humain, quelle douleur quand un nerf est blessé! Douleur si violente qu'elle provoque des convulsions et des évanouissements! Quelle ne fut donc pas l'acuité des souffrances de Jésus, quand les clous passèrent à travers les nerfs et les muscles qui composent presque en totalité les pieds et les mains!

Mon doux Sauveur, qui saura jamais combien vous a coûté cher votre désir de me sauver et de conquérir mon coeur? Par contre, dans mon ingratitude, j'ai souvent pour une chose de nulle valeur, méprisé votre amour. Mais maintenant, votre amour, je le préfère à tous les biens.


2. On dresse la croix; on la laisse violemment tomber au fond du trou creusé dans le roc; on l'assujettit avec des pierres et des coins de bois. C'est là que Jésus doit rester suspendu entre ciel et terre, jusqu'à ce qu'il rende le dernier soupir. Tandis qu'il agonise sur ce lit de douleurs, et qu'il est plongé dans un océan de souffrances et de désolation, il cherche des yeux des consolateurs: il n'en trouve aucun. Seigneur, au moins saisirez-vous chez les hommes qui vous entourent quelque signe de compassion pour votre mort si douloureuse? Hélas! Je les entends: ils ne font que vous injurier, vous railler, vous blasphémer: « Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix. Il a sauvé les autres, et ne peut se sauver lui-même » (Mt 27, 40-42). Cruels! Il est sur le point de mourir comme vous le souhaitez: mettez donc un terme à vos sarcasmes, et ne le tourmentez pas davantage.


3. Considère, ô mon âme, quel supplice endure sur cette croix ton Rédempteur mourant. Chaque membre a sa souffrance particulière, aucun ne peut porter secours aux autres. À tout instant, Jésus éprouve les déchirements de la mort; que dis-je? Durant les trois heures de son agonie sur la croix, il subit autant de morts qu'il y passe de minutes, sans le moindre soulagement, le moindre repos. S'appuie-t-il sur les mains, sur les pieds? Il ne fait qu'accroître la douleur, puisque les pieds et les mains sont suspendus à la croix par leurs plaies!

Hâte-toi, mon âme, de te jeter tout attendrie au pied de cette croix, baise avec amour cet autel sur lequel Jésus, victime d'amour, expire pour toi. Mets-toi bien sous les pieds de Jésus, afin que coule plus abondamment sur toi son Sang divin. Oui, mon Jésus bien-aimé, que votre Sang me lave de toutes mes iniquités et m'enflamme d'amour pour vous, ô mon Dieu, qui avez voulu mourir par amour pour moi.

Ô Mère de douleur, qui vous teniez au pied de la croix, priez Jésus pour moi.

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11.MARDI SAINT

JÉSUS SUR LA CROIX

 
 
1. Jésus sur la Croix: quelle preuve irrécusable Dieu nous donne de son amour!

Jésus sur la croix: quelle apparition douloureuse à l'excès, mais plus encore débordante d'amour, que cette dernière apparition faite ici-bas par le Verbe incarné!

Saint François de Paule méditait un jour le grand amour de Dieu rendu visible, palpable, pour ainsi dire, par toute la personne de Jésus crucifié  il fut ravi hors de lui-même; on l'entendit s'écrier par trois fois: « Ô Dieu charité! Ô Dieu charité! Ô Dieu charité! » (Claude du Vivier, Vie et Miracles de saint François de Paule, ch. 24; Paris 1609, 738). Que voulait-il dire par ces exclamations enflammées, sinon que jamais nous ne pourrons comprendre l'immensité de l'amour que Dieu nous a témoigné par sa mort?


2. Mon bien-aimé Jésus, si je vous considère tel que vous apparaissez à mes yeux sur cette croix, je n'aperçois que des plaies et du sang; si je pénètre dans votre coeur, je n'y trouve que désolation et tristesse.

Sur l'inscription de votre choix, je lis que vous êtes roi; mais quels sont les insignes de votre royauté? Je ne vois pas d'autre trône que ce gibet infâme, pas d'autre pourpre que vos blessures innombrables et sanglantes, pas d'autre couronne que ce torturant faisceau d'épines. Oui, vous êtes bien Roi, mais Roi d'amour; oui, cette croix, ces clous, cette couronne, ces plaies, que sont-ils, sinon des marques d'amour, les insignes de votre Royauté d'amour?


3. Ce que Jésus nous demande du haut de la croix, c'est du moins notre compassion que notre amour; ou plutôt, s'il demande notre compassion, elle doit n'avoir qu'un but: nous exciter à l'aimer. Il est la Bonté infinie; à ce titre déjà, tout notre amour lui revient; mais, du haut de la croix, il réclame notre amour,  semble-t-il,  au moins par compassion.

Ah! Mon Jésus, est-il possible de ne pas vous aimer, quand on vous reconnaît pour le Dieu que vous êtes et qu'on vous voit crucifié? Quelles flèches enflammées, quelles flèches d'amour vous lancez aux âmes du haut de votre gibet! Combien de coeurs vous avez attirés à vous par la contemplation de votre croix!

Ô plaies de mon Jésus, recevez-moi, afin qu'en vous, comme en autant de bienheureuses fournaises d'amour, je brûle, non pas du feu de l'enfer trop mérité, mais des saintes flammes de l'amour: ne les dois-je pas à ce Dieu consumé de douleur par amour pour moi? Mon bien-aimé Rédempteur, daignez accueillir un pécheur profondément désolé de vous avoir offensé, n'aspirant plus qu'à vous aimer. Je vous aime, ô Amour infini. Mon Jésus, écoutez-moi, je vous aime, je vous aime.

Ô Marie, Mère du bel amour, obtenez-moi un amour si brûlant, qu'il me consume pour ce Dieu mort de l'excès de son amour pour moi.

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12.MERCREDI SAINT

PAROLES DE JÉSUS SUR LA CROIX

 
 
1. Que fait Jésus sur la croix, pendant que la foule sans pitié continue à l'accabler d'outrages? Il prie: « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (Lc 23, 34). Écoutez donc, ô Père éternel, écoutez votre Fils bien-aimé; il meurt en vous priant de me pardonner à moi aussi, coupable de tant d'offenses!

Jésus s'adresse ensuite au bon larron qui demande grâce et miséricorde: « Aujourd'hui même, tu seras en paradis avec moi » (Lc 23, 43). Elle est donc bien vraie, cette promesse que le Seigneur nous fit autrefois par le prophète Ézéchiel: « Si l'impie fait pénitence, je ne me souviendrai plus d'aucune de ses iniquités » (Éz 18, 21-22).

Mon Jésus, que ne vous ai-je jamais offensé! Mais puisque le mal est fait, je vous conjure d'oublier tous les déplaisirs que vous avez reçus de moi. Par les mérites de la mort si cruelle que vous avez endurée pour mon amour, daignez, après ma mort, me donner une place dans votre royaume. D'ici là, faites que votre amour règne sans cesse dans mon âme.

2. Au milieu de son agonie sur la croix,  alors que ses souffrances physiques et sa désolation intérieure atteignent leur extrême intensité,  Jésus cherche une âme qui le console. Il abaisse les yeux sur la sainte Vierge Marie; mais la vue de cette Mère broyée par la douleur, ne fait que redoubler son affliction. Il regarde autour de lui; personne pour le consoler. Il expose sa détresse à son Père, le supplie de la soulager; mais son Père, le voyant couvert de tous les péchés du monde, le délaisse. C'est alors que Jésus poussa ce grand cri dont parle l'Évangile: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? » (Mt 27, 46). Cet abandon de Dieu le Père lui-même fit de la mort de Jésus la plus amère de toutes, une mort de pure souffrance, sans mélange du moindre soulagement. Aucun pénitent, aucun martyr n'en eut de pareille.

Mon Jésus, comment ai-je pu vivre si longtemps sans penser à vous? Vous, au contraire, vous ne m'avez jamais oublié; je vous en rends mille actions de grâces. Ah! Daignez me rappeler sans cesse la mort amère que vous avez délibérément acceptée par amour pour moi, afin que je n'oublie jamais la grandeur de votre amour.


3. Jésus, voyant approcher la fin de son sacrifice, prononce ce seul mot: « Sitio: j'ai soif » (Jn 19, 28). Alors les bourreaux approchent de ses lèvres mourantes une éponge imbibée de fiel et de vinaigre.

Seigneur, vous ne vous plaignez pas des effroyables douleurs qui vous ôtent la vie: comment se fait-il que vous vous plaigniez de cette soif? Je vous comprends, ô mon Jésus, vous avez soif d'amour: sous l'impulsion de l'amour que vous nous portez, vous avez soif d'être aimé de nous. Aidez-moi, je vous en conjure, à bannir de mon coeur toute affection qui n'est pas pour vous. Oui, faites-moi la grâce de n'aimer que vous seul, de n'avoir d'autre désir que celui d'accomplir votre Volonté.

Ô Volonté de mon Dieu, vous êtes mon Amour.
Ô Marie, ma Mère, obtenez-moi la grâce de vouloir uniquement ce que Dieu veut.

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13.JEUDI SAINT

JÉSUS MEURT SUR LA CROIX

 
 
1. Notre très aimant Rédempteur est sur le point d'expirer.

Mon âme, regarde ces beaux yeux qui s'obscurcissent, cette face adorable qui pâlit, ce coeur qui bat toujours plus lentement, tous ces membres sacrés qu'envahit peu à peu la mort.

À peine Jésus a-t-il senti l'amertume du vinaigre qu'il s'écrie: « Tout est consommé » (Jn 19, 30). Privations de la pauvreté, mépris innombrables, douleurs de toute sorte; il replace devant ses yeux toutes les souffrances de sa vie. Tourné vers son divin Père, il lui dit: « Tout est consommé. » Comme s'il eût dit: « Ô mon Père, le sacrifice de ma vie achève l'oeuvre de la Rédemption des hommes que vous m'avez confiée; eh bien! pour y mettre le sceau, avec ce dernier holocauste, je vous offre de nouveau toutes mes souffrances passées. » Puis, tourné vers nous, ne semble-t-il pas qu'il nous disait aussi: « Tout est consommé. » C'est-à-dire: « Hommes bien-aimés, hommes bien-aimés, aimez-moi donc! Pour conquérir votre coeur, n'ai-je pas tout fait? Puis-je faire davantage? »


2. Jésus se meurt. Venez, Anges du ciel, venez assister à la mort de votre Roi. Et vous, ô Marie, Mère de douleur, approcher plus près de la croix; redoublez d'attention pour mieux considérer votre Fils, car il va rendre le dernier soupir.

Regardons-le bien tous: il recommande son âme à son Père, il appelle la mort et lui permet de mettre fin à son existence. « Viens, ô mort, lui dit-il, viens accomplir ton office, ôte-moi la vie et sauve mes chères brebis. » La terre tremble, les sépulcres s'ouvrent, le voile du Temple se déchire. Jésus est en proie aux dernières douleurs de l'agonie, les forces l'abandonnent, la chaleur achève de s'éteindre dans tous ses membres, son corps s'affaisse, il laisse tomber sa tête sur sa poitrine, ouvre la bouche et meurt. « Baissant la tête, dit saint Jean, il rendit l'esprit » (Jn 19, 30).

Les personnes présentes à ce spectacle, à la vue de son immobilité complète, se disent entre elles: « Il est mort! Il est mort! » À leur voix fait écho celle de Marie: « Ô mon Fils bien-aimé, vous voilà donc mort! »


3. Il est mort! Ô ciel! Qui donc est mort? L'Auteur de la vie, le Fils unique de Dieu, le souverain Maître de l'univers. Ô mort, tu jettes dans la stupeur le ciel et la nature! Ô amour infini! Un Dieu donner son sang et sa vie, pour qui? Pour ses créatures, pour ses créatures ingrates: pour expier leurs péchés, il consent à mourir dans un océan de souffrances et d'ignominies! Ô bonté infinie! Ô amour infini!

Mon Jésus, c'est donc votre amour pour moi qui vous a fait mourir. Ah! Ne permettez pas que je vive encore, ne fût-ce qu'un instant, sans vous aimer. Je vous aime, ô mon bien Bien suprême; je vous aime, ô mon Jésus, mort pour moi.

Ô Marie, Mère de douleur, venez en aide à l'un de vos serviteurs qui veut aimer Jésus.

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14.VENDREDI SAINT

JÉSUS MORT SUR LA CROIX

 
 
1. Mon âme, lève les yeux, et considère ce Crucifié; considère l'Agneau divin immolé sur l'autel de son sacrifice. Réfléchis qu'il est le Fils bien-aimé du Père éternel, et qu'il est mort par amour pour toi. Regarde ses bras étendus pour t'accueillir, sa tête inclinée pour te donner le baiser de paix, son côté ouvert pour te recevoir dans ton coeur. Que dis-tu devant ce Dieu si aimant? Mérite-t-il d'être aimé? Écoute ce que lui-même te suggère du haut de la croix: « Examine, mon enfant, s'il y a quelqu'un dans le monde qui me surpasse en amour pour toi. »

Non, mon Dieu, nul ne m'a jamais aimé autant que vous m'aimez. Mais, moi misérable, quel amour proportionné pourrai-je tirer de mon coeur en faveur d'un Dieu mort d'un excès d'amour pour moi? L'amour d'une créature sera-t-il jamais capable d'être mis en parallèle avec l'amour de son Créateur mort pour gagner son coeur?


2. Si le dernier des hommes avait souffert pour moi ce qu'a réellement souffert pour moi Jésus Christ, pourrais-je ne pas l'aimer? Un homme, pour me sauver la vie,  c'est une supposition,  se laisse battre de verges, puis attacher à une croix, pourrais-je me rappeler cet homme sans me sentir comme forcé de l'aimer? On l'a peint expirant entre les bras de la croix, on m'apporte ce tableau: pourrai-je le regarder avec indifférence et me dire sans émotion: « C'est par amour pour moi que cet homme a perdu la vie dans ces cruels tourments; s'il ne m'avait pas aimé, il n'aurait pas enduré pareille mort. »

Mon Rédempteur, Amour de mon âme, serais-je encore capable à l'avenir de vous oublier, ou bien de me rappeler l'état effroyable où vous ont réduit mes péchés, sans pleurer continuellement mes multiples offenses à votre bonté? Ah! Plutôt, comment ne serais-je pas contraint d'aimer de toutes mes forces un Dieu  mort de douleur,  sur une croix,  pour mon amour!


3. Mon bien-aimé Rédempteur, je le reconnais: ce qui resplendit surtout à travers vos plaies et vos membres meurtris, c'est votre amour infini pour moi. Pour me pardonner à moi, pauvre pécheur, vous avez été pour vous-même impitoyable jusqu'à la cruauté! Regardez-moi donc maintenant avec les mêmes yeux pleins d'amour que, du haut de la croix, vous abaissiez sur moi quand vous rendiez le dernier soupir pour mon salut. Regardez-moi, éclairez-moi, emparez-vous de tout mon coeur, afin que, désormais, je n'aime plus que vous. Ne permettez pas qu'à l'avenir je perde le souvenir de votre mort. Vous avez promis qu'une fois élevé sur la croix vous attireriez à vous tous les coeurs. Voici le mien: attirez-le tout entier. Attendri par le spectacle de votre mort jusque dans ses dernières fibres,  épris d'amour pour vous,  il ne veut plus résister à vos appels miséricordieux; attirez-le donc à vous, et faites qu'il soit tout vôtre. Vous êtes mort pour moi, je désire mourir pour vous. S'il me faut vivre, c'est uniquement pour vous que je veux vivre. Ô douleurs de Jésus, ô ignominies de Jésus, ô mort de Jésus, ô amour de Jésus, venez vous graver dans mon coeur. Que votre doux souvenir s'y perpétue, afin que toujours il me blesse et m'enflamme d'amour pour Jésus! Je vous aime, ô Bonté infinie; je vous aime, ô Amour infini; vous êtes et vous serez à jamais mon unique Amour!

Ô Marie, Mère du bel amour, obtenez-moi l'amour de Jésus crucifié.

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15.SAMEDI SAINT

MARIE SUR LE CALVAIRE
À LA MORT DE JÉSUS

 
 
1. « Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère » (Jn 19, 25).

Une mère condamnée à voir son fils innocent mourir par sentence judiciaire sur un gibet infâme: tel fut le martyre de la Reine des martyrs, le plus cruel de tous. Contemplons-le attentivement.

« Marie se tenait sur le Calvaire. » Lorsqu'on vint dans le jardin des Oliviers s'emparer de Jésus, les disciples l'abandonnèrent; Marie n'abandonna jamais Jésus. Elle le suivit toujours, et ne le quittera pas avant qu'il ait expiré sous ses yeux.

« Elle se tenait près de Jésus. » Les mères s'éloignent de leurs enfants pour ne pas les voir souffrir, quand elles les voient aux prises avec la douleur et qu'elles ne peuvent les soulager. Volontiers elles souffriraient à leur place; mais les voir en proie à des maux sans remède, c'est un spectacle qui dépasse leurs forces! Elles se retirent et vont pleurer dans quelque chambre écartée. Telle n'est pas la conduite de Marie; elle voit son divin Fils aux prises avec les pires tourments, des tourments qui le mènent implacablement à la mort: elle ne s'éloigne pas, elle ne détourne pas les yeux; au contraire, elle s'approche de cette croix sur laquelle agonise son Fils bien-aimé.

Ô Mère de douleur, permettez-moi de me tenir à vos côtés, afin que j'assiste avec vous à la mort de votre Jésus, qui est aussi le mien.


2. « Elle se tenait près de la croix de Jésus. » La croix est donc le lit de douleur sur lequel Jésus achève de mourir et sur lequel la Mère de douleur considère son Fils déchiré des pieds à la tête par les fouets, les clous, les épines. Elle se rend compte que, suspendu par ces trois crocs de fer, son pauvre enfant ne peut ni s'appuyer, ni trouver un instant de repos; elle voudrait lui procurer un peu de soulagement; elle voudrait au moins,  puisqu'il doit mourir,  le tenir entre ses bras au moment où il exhalera le dernier soupir; mais non, elle est privée même de cette triste consolation. « Ô croix, dit-elle, rends-moi mon Fils: tu es l'instrument de supplice des scélérats, mais mon Fils est innocent. »

Tranquillisez-vous, ô divine Mère; la croix ne vous rendra que votre Fils inanimé: c'est un décret irrévocable du Père éternel.


3. « Debout près de la croix, se tenait la Mère de Jésus. »  Considère, ô mon âme, Marie debout près de la croix, les yeux fixés sur son Fils. Son Fils; mais, ô ciel, quel Fils! Son Fils et son Dieu! C'est lui qui, de toute éternité, l'a choisie pour sa Mère, la préférant ainsi dans son amour à tous les hommes, à tous les anges. C'est ce Fils si beau, si saint, si aimable, si parfaitement obéissant, qui, seul, absorbe tout son amour, puisqu'il est à la fois son Fils et son Dieu. C'est lui, ce Fils à nul autre pareil, qu'elle doit voir expirer de douleur sous ses yeux!

Ô Marie, ô la plus affligée de toutes les mères, je compatis à la peine si vive que ressentit votre coeur, surtout à l'instant où vos yeux de Mère virent Jésus s'affaisser sur la croix, ouvrir la bouche, rendre le dernier soupir. Ah! Pour l'amour de ce Fils mort sur cette croix afin de me sauver, recommandez-lui mon âme.

Et vous, ô mon Jésus, par les mérites des douleurs de Marie, ayez pitié de moi et daignez m'accorder la grâce de mourir pour vous comme vous êtes mort pour moi. « Oui, vous dirai-je avec saint François d'Assise, que je meure par amour pour vous, ô vous qui êtes mort par amour pour moi! » (S. François d'Assis, Prière d'offrande totale; D. V. 155).

 
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